Le site Mediapart site a subi une attaque jeudi en fin de journée, qui a été revendiquée par le hacker franco-israélien Grégory Chelli, alias Ulcan. Mediapart a porté plainte ce vendredi. Police et justice enquêtent déjà sur des faits graves commis début août contre Rue89 et ses journalistes. Au total, plus d'une demi-douzaine de procédures visent Ulcan et son groupe.
Mediapart a subi une attaque informatique de type DDoS (« Distributed
denial of service ») pendant plusieurs heures, jeudi en fin de journée,
qui a eu pour effet de bloquer ou de ralentir l’accès à notre site,
sans intrusion dans nos systèmes. Cette atteinte à la liberté
d’information a été revendiquée en direct sur le site ViolVocal,
ainsi que par des appels téléphoniques (à Mediapart, BFMTV et iTélé),
par quelques hackers regroupés autour de Grégory Chelli, alias Ulcan, 31
ans, qui se présente comme un militant sioniste et agirait depuis
Israël. Mediapart a porté plainte ce vendredi à Paris.
Le hacker franco-israélien Grégory Chelli fait déjà l’objet de
plusieurs procédures judiciaires pour des faits assez graves. Adepte des
canulars et autres impostures téléphoniques de mauvais goût, il a
notamment fait croire aux parents d’un journaliste de Rue89 dont un article lui avait déplu que leur fils était mort, au début du mois d’août.
Pire, Ulcan a ensuite réussi à faire débouler des policiers en pleine
nuit à leur domicile pour un crime imaginaire. Le père de ce
journaliste a fait un infarctus quelques jours plus tard, et il est
depuis lors hospitalisé dans le coma : lire ici l’article de Pierre Haski, cofondateur de Rue89 ; voici également une conversation téléphonique entre Ulcan et ce journaliste.
Toujours dans le même registre, Ulcan s’est ensuite fait passer pour
Pierre Haski, en faisant croire à la police qu’il venait de tuer sa
compagne, et en provoquant – là encore – une intervention policière
nocturne et traumatisante au domicile du journaliste. La même chose est
arrivée voici quelques jours au négationniste Robert Faurisson.
Rue89 et ses journalistes ont déposé un total de cinq plaintes à
Paris contre Ulcan et ses complices. Le pseudo-hacker, dont les
motivations sont assez floues, s’en est également pris récemment aux
sites internet de la CGT et de la Datar, toujours en les saturant avec
des requêtes générées par des robots.
Afin de se procurer les adresses privées et les numéros de téléphone
de ses cibles, Grégory Chelli a pris l’habitude de passer des coups de
fil en se faisant passer pour un policier. Maîtrisant quelques aspects
du jargon policier, avec quelques indicatifs radios et des numéros de
téléphone de l’administration, il a notamment réussi à obtenir des
informations confidentielles sur deux personnes, figurant sur les
fichiers TAJ (traitement des antécédents judiciaires), auprès de la
sûreté départementale du Nord.
Une plainte a été déposée auprès du parquet de Lille, qui a ouvert
une enquête préliminaire le 5 août. Des faits similaires ont également
été commis dans les Hauts-de-Seine, qui ont déclenché une enquête
récente du parquet de Nanterre, et d’autres ont encore été signalés à Besançon.
Les conséquences graves de ces impostures d’Ulcan ont amené le
ministère de l’intérieur à alerter récemment tous les commissariats, les
incitant à la prudence en cas d’appel suspect, en recourant notamment à
la procédure du contre-appel. Place Beauvau, où l'on prend l'affaire au
sérieux, on indique qu'il n'existe aucun soupçon de complicité
éventuelle au sein de la police.
Pour sa part, le parquet de Paris a, le 8 août, ouvert une
information judiciaire contre X pour introduction frauduleuse dans un
système de traitement automatisé de données (STAD), modification de
données d’un STAD et entrave au fonctionnement d’un STAD à la suite des
plaintes de Rue89, la CGT et la Datar. Parallèlement, une enquête
préliminaire a été ouverte pour menaces de mort, appels malveillants,
dénonciation de crimes imaginaires et usurpation d’identité, à la suite
des plaintes des journalistes de Rue89.
Selon des sources policières et diplomatiques, une demande de
renseignement a été adressée voici plusieurs semaines par la police
française à son homologue israélienne, afin de vérifier que Grégory
Chelli se trouve sur le territoire israélien. Cette demande de
coopération n’a pas encore eu de réponse au moment où cet article est
mis en ligne.
Ces dernières années, Grégory Chelli a déjà eu affaire à la justice
et à la police. En 2009, il a participé au saccage de la librairie
militante Résistances, à Paris, au nom de la LDJ (Ligue de défense
juive). Rapidement repéré, il a été condamné à quatre mois
d’emprisonnement avec sursis pour violences en réunion et dégradation ou
détérioration du bien d’autrui par la 23e chambre correctionnelle de Paris, en juillet 2009.
Plus récemment, une plainte a été déposée contre lui par Sihem Souid, auteure du livre Omerta dans la police (Le Cherche Midi), pour menaces de mort et injures. Ulcan avait revendiqué la création du site Souid-Sihem.com,
qui multiplie insultes et menaces à l’encontre de cette fonctionnaire
de police actuellement détachée au ministère de la Justice.
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