lundi 18 août 2014

«Predator», le hacker turc qui a fait trembler les banques mondiales




Avec une centaine de complices, Ercan Findikoglu a dérobé 40 millions de dollars en une nuit. Récit de sa capture l’hiver dernier

 

Ercan Findikoglu savoure sa dernière nuit d’homme libre dans une des luxueuses suites du Jumeirah, un repère discret d’ultra-riches dans le centre de Francfort. La vue sur la skyline est imprenable. Au petit déjeuner, on y sert même du miel produit par les ruches de l’hôtel. Nous sommes dans la nuit du 19 au 20 décembre 2013. Au 17e étage, dans sa chambre à plusieurs centaines d’euros la nuit, peut-être que Ercan Findikoglu se réjouit déjà de ce copieux petit déjeuner. Il n’en aura pas une miette.

Dans l’ascenseur vitré de l’établissement, cinq policiers allemands se hissent jusqu’à la suite 1706: la Phantom. Derrière la porte se terre Ercan Findikoglu, alias «Predator». Un pirate informatique turc de 32 ans qui, grâce à son talent et l’entregent de son réseau, a dérobé dix mois plus tôt près de 40 millions de dollars en une nuit à divers instituts bancaires basés dans 24 pays.

Le récit de ce hold-up numérique est digne des meilleurs polars hollywoodiens. Dans son édition du 17 août, Der Spiegel relate les menus détails de cette chasse au «Predator». C’est d’ailleurs grâce à la ténacité des journalistes d’investigation de l’hebdomadaire allemand, et aux informations des services secrets américains, que la police allemande a mis la main sur l’un des hackers les plus talentueux au monde. Voilà pourquoi.

Février 2013, près de 40 millions de dollars disparaissent en une nuit du réseau bancaire mondial grâce à des cartes de crédit factices, mais autorisées au retrait d’argent dans les distributeurs automatiques. Ercan Findikoglu est le cerveau de ce braquage qui mobilise une centaine de complices de l’Allemagne aux Etats-Unis en passant par le Japon.


Condamné en Turquie



Le mode opératoire d’Ercan Findikoglu débute par le piratage d’une filiale indienne d’une entreprise informatique américaine basée à Bangalore. Celle-ci veille à la gestion du trafic bancaire pour les instituts financiers du monde entier. Pour y parvenir, «Predator» exploite une faille de sécurité de l’entreprise. Il récupère ainsi les données de 12 cartes de crédit de la banque Muscat, à Oman, dont il supprime le plafond de retrait.

Le hacker turc duplique ensuite ces cartes, qu’il distribue à son réseau de complices. Cette nuit-là, rien qu’en Allemagne, les distributeurs automatiques crachent plus de 1,8 million d’euros. Mais deux membres du réseau d’Ercan Findikoglu – un charpentier néerlandais de 36 ans et sa mère de 57 ans – se font prendre la main dans le sac à Düsseldorf avec 168 000 euros en poche. Mais ils avaient gardé le silence sur l’identité de leur patron de peur que l’on s’en prenne à leur famille.

«Predator» a déjà été condamné à 22 ans de prison en Turquie pour des faits similaires, rapporte Der Spiegel . A la suite de cette nouvelle affaire, Ankara et les Etats-Unis exigent son extradition. Une requête à laquelle s’oppose fermement l’avocat du pirate. 


Source :
Le Temps.ch :: Lien



Faites circuler !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire