Deux jeunes Françaises, âgées de 15 et 17 ans, ont été mises en
examen vendredi 22 août pour association de malfaiteurs en relation avec
une entreprise terroriste. La police les avait interpellées mardi dans le cadre de l'enquête sur le départ probable vers la Syrie d'une autre jeune fille de 14 ans.
Placées en garde à vue respectivement à Tarbes, pour la plus jeune,
et à Lyon, elles avaient été déférées jeudi au tribunal, puis placées
sous contrôle judiciaire, comme l'avait requis le parquet de Paris.
Les enquêteurs pensent que l'une d'entre elles a été en contact par
les réseaux sociaux avec une jeune fille de 14 ans vivant à Argenteuil,
et soupçonnée d'être partie en Syrie,
où de nombreux groupes islamistes radicaux combattent le régime de
Bachar Al-Assad. Dans une lettre, l'adolescente expliquait en juin être
partie « pour le pays où l'on n'est pas empêché de suivre sa religion ». L'une des deux jeunes filles mises en examen aurait « envisagé un temps » de rejoindre la Syrie, selon une source proche de l'enquête.
Lire le récit : Djihad en Syrie : « Nos enfants sont des adolescents manipulés »
RÉPRESSION ACCRUE CONTRE LES CANDIDATS
Les autorités françaises s'inquiètent de ce phénomène des départs
vers la Syrie et, lors du retour en Europe, de risques d'attentats de la
part des plus radicalisés des candidats au djihad. Selon Paris, entre 500 et 700 Français
ont rejoint les rangs des opposants à Bachar Al-Assad en Syrie. Les
décomptes varient selon que l'on considère seulement les personnes étant
actuellement en Syrie ou qu'on y ajoute les personnes revenues, en
transit, voire mortes au combat.
Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, qui affirme vouloir « empêcher les départs » de djihadistes français vers la Syrie, a présenté en avril un plan gouvernemental de lutte anti-djihad, avec la mise en place d'un numéro vert
mis à la disposition des familles et des proches de jeunes radicalisés,
pour qu'ils puissent faire part de leurs doutes aux services de police
ou les prévenir d'un départ imminent vers la Syrie.
Un projet de loi renforçant l'arsenal antiterroriste, qui prévoit
notamment une interdiction administrative de sortie du territoire pour
certaines personnes soupçonnées de vouloir rejoindre une terre de
djihad, a également été présenté en conseil des ministres en juillet et
doit arriver au Parlement début septembre.
LE WERWOLF
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