Cela ressemble à la fable, sinistre et mortifère,
de l’arroseur arrosé : les Etats-Unis, premier marchand de canons au
profit d’Israël, continuent d’armer la folie meurtrière inassouvie de
ses assassins en étant désarmés par leur suprême arrogance qui fait fi
de toutes les injonctions, que ce soit pour geler les colonies ou pour
libérer un adolescent abusivement détenu.
La première puissance mondiale a beau être le
principal mécène de l’Etat hébreu, sa prodigalité et son soutien
indéfectible ne lui confèrent aucun privilège particulier, si l’on en
juge par les appels réitérés de Washington afin de relaxer sans délai
Mohammed Abu Nie, un Américain de 15 ans d’origine palestinienne, qui
restent pour l’heure lettre morte. Quelle sacrée leçon d’humilité
infligée à la grande Amérique, là où le puissant lobby pro-israélien de
l’Aipac fait la pluie et le beau temps dans les allées du pouvoir !
Sourd à la requête pressante de son plus sûr
allié, Israël se fait supplier pour remettre en liberté ce jeune garçon
arrêté, le 3 juillet dernier, avec 11 autres jeunes de son âge lors
d’une manifestation à Jérusalem-Est en signe de protestation contre le
meurtre atroce de Mohammed Abu Khdeir,
ce Palestinien de 16 ans, enlevé, battu à mort et brûlé vif par des
barbares israéliens. Jeté sans ménagement dans des geôles
infâmes, Mohammed Abu Nie croupit depuis en prison pour être l’auteur
d’un crime impardonnable aux yeux de ceux qui commettent des crimes de
guerre et contre l’humanité en toute impunité : des jets de pierre...
"Nous appelons à une résolution rapide de cette affaire",
a récemment martelé la porte-parole du département d'Etat américain,
Marie Harf, en faisant part de l’extrême inquiétude de son gouvernement
au sujet de "la détention prolongée de cet enfant qui est citoyen américain."
Une inquiétude grandissante partagée par les défenseurs des droits de
l’Homme qui estiment que ce cas est tristement révélateur des
humiliations et des mauvais traitements subis par les Palestiniens, à la
fois en Israël et dans les Territoires occupés, et ce sans trêve depuis
des décennies.
"Les responsables israéliens ordinaires - des
policiers, des militaires – se font un point d’honneur à vous insulter, à
insulter votre passeport américain, en le jetant par terre, et en vous
lançant à la face toujours pour vous rabaisser : ‘Il ne signifie rien
pour nous, vous êtes juste un Palestinien et votre passeport américain
ne vaut rien pour nous", s’indigne Jonathan Kuttab, un avocat
international des droits humains basé à Washington, qui a représenté de
nombreux Palestiniens et des Palestiniens-Américains devant les
tribunaux israéliens. Et de renchérir consterné : "D'une manière enfantine vulgaire, ils ne respectent pas le passeport américain des Palestiniens".
Rares sont les parlementaires au sein du Congrès
américain qui osent élever la voix pour condamner Israël face à la doxa
dominante qui défend invariablement le partenariat stratégique
Etats-Unis/Israël, et ce même quand les bombardements des écoles de
l’Onu à Gaza ébranlent certaines certitudes, et face à la
toute-puissance de l’Aipac, notamment financière, à travers ses
collectes de fonds.
Keith Ellison, un valeureux démocrate du
Minnesota, fait partie de cette poignée d’irréductibles qui
désapprouvent publiquement « l’état de siège israélien de Gaza » : "Beaucoup
de membres du Congrès ne connaissent pas la vérité, il nous incombe de
faire ouvrir les yeux et d’éduquer les gens sur la situation au
Proche-Orient", a insisté ce dernier au micro d’Al Jazeera. "Il
faut qu’un autre point de vue s’exprime, il faut qu’un effort
d’information plus intense et soutenu révèle, dans l'enceinte du
Capitole, la réalité vécue par les Palestiniens", plaide-t-il sans relâche.
Parmi les jeunes victimes palestiniennes qui ont
été foudroyées par l’extrême sauvagerie d’Israël, de la part de ses
forces de l’ordre ou de ses forces armées, au cours d’un mois de juillet
rempli de récits et d’images d’actes abominables, le visage atrocement
tuméfié de Tariq Abu Khdeir, le cousin germain du supplicié Mohammed Abu
Khdeir, venu de Tampa, en Floride, où il réside, pour rendre visite à
sa famille à Gaza, est dans toutes les mémoires. Tombé sous les coups
d’une brutalité inouïe de la police israélienne, l’adolescent miraculé
de 15 ans, passé à tabac et laissé pour mort, est aujourd’hui de retour
aux Etats-Unis où il a été reçu, en présence des siens, par de hauts
fonctionnaires du Département d'État à Washington pour déposer une
plainte.
"Ce que j'ai vécu est juste un petit avant-goût de ce que les Palestiniens endurent tous", a commenté le jeune garçon. "Le peuple palestinien n'a pas de droits. Lorsque je me suis rendu à Gaza, j'ai oublié que, moi, j'avais la liberté",
a-t-il souligné, profondément meurtri dans sa chair et son âme, tandis
que ses avocats américains sont à pied d’œuvre pour intenter une action
en justice : "Nous rassemblons une équipe juridique internationale
en vue d’explorer toutes les options pour s'assurer qu'aucun autre
enfant ne subisse le même sort effroyable", a confié un juriste de Tampa à Al Jazeera.
Pendant ce temps-là, l’ambassade d’Israël à
Washington, contactée par les reporters d’Al Jazeera, oppose un mutisme
éloquent, quant à la prise de conscience du Congrès sous la coupole du
Capitole, ses frémissements ne laissent augurer d’aucun sursaut majeur.
Source :
Oumma.com :: Lien
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