En test depuis plus d'un an, les mini caméras utilisées par la police et la gendarmerie devraient être généralisée d'ici la fin de l'année. Même s'il reste encore certains détails à régler. Explications.
A l'heure du premier bilan de l'utilisation des mini caméras pour les
policiers en service, la question de leur efficacité ne se pose pas,
selon les syndicats de police. "Nous avons un retour positif, car ce
dispositif a tendance à calmer les individus, explique ce mardi sur France Inter Nicolas Comte (SGP-FO). Ca fait retomber l'agressivité. Le retour est unanime" selon lui.
Pour le compte de la Police nationale, 235 caméras sont en
expérimentations depuis mai 2013, essentiellement dans les zones de
sécurité prioritaires (ZSP) où selon Edith Minier en
charge de ce projet à la Direction Générale de la Police Nationale
(DGPN), leur utilisation a fait changer les comportements. "Les gens
comprennent l'intérêt de cet équipement, ceux qui allaient s'emporter
ont vite baissé le ton à la vue de l'appareil. D'autres se sont
brusquement retournés pour cacher leur visage", explique-t-elle au Figaro.
4500 caméras d'ici cinq ans
Si
l'évocation du dispositif -largement déployé dans d'autres pays, aux
Etats-Unis notamment- avait dans un premier temps suscité la crainte des
forces de l'ordre, qui voyaient dans cette utilisation une
provocation, la police aurait donc largement changé d'avis à la
pratique.
C'est pourquoi le ministère de l'Intérieur envisagerait de généraliser le dispositif selon Le Figaro.
D'ici cinq ans, 4500 caméras équiperont donc les forces de l'ordre
(police et gendarmerie), avec une priorité donnée aux ZSP. Mais
plusieurs points sont encore à affiner. D'abord, la caméra en elle-même,
fabriquée dans le Gard à Milhaud par la PME Exavision (une vingtaine de
salariés), suscite quelques critiques. Son prix, environ 1500 euros
pièce, mais réglée au prix de gros par l'Etat autour de 750 euros,
soulève des réserves. Son utilisation également: portée en courant, la
camera d'Exavision livrerait des images difficilement exploitables. A
tel point que certains policiers ont d'eux-mêmes opté pour des GoPro, ces caméras qui font fureur dans les sports extrêmes. "Ce sont des appareils plus performants", note ainsi dans le Figaro Patrick Ribeiro, secrétaire général de Synergie-officiers.
Un cadre légal flou
Autre
point d'interrogation, le cadre légal encore flou autour de
l'utilisation judiciaire de ces images. Sur la voie publique, aucun
problème à partir du moment où c'est une autorité publique (police,
mairie...) qui filme. En revanche, dans les centres commerciaux par
exemple, l'utilisation de la vidéosurveillance est soumise à une cadre
plus strict (le perron de l'entrée seulement, les abords des boutiques,
obligation d'informer le public...) sous autorisation préfectorale. Mais
qu'en sera-t-il dans les lieux privés où la "règle", notamment
appliquée par les médias, est généralement de demander l'autorisation de
filmer? "Il n'existe pas de cadre spécifique pour les caméras mobiles"
reconnait le secrétaire général de la Cnil, Edouard Geffray,
sur France Inter. Si les mini caméras ont passé l'épreuve de la
pratique, beaucoup de détails restent donc à régler. Et il faudra
certainement attendre quelques années pour voir les policiers français
équipés de Google Glass comme la police new-yorkaise.
Sources :
France Inter :: Lien
Le Figaro :: Lien
Publié par :
L'Express :: Lien
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