lundi 29 septembre 2014

Le «dépeceur de Montréal» a reconnu les faits mais plaide la démence





Le Canadien Luka Rocco Magnotta, accusé d’avoir tué et dépecé un étudiant chinois en 2012, a plaidé non-coupable lundi à l’ouverture de son procès, même si le juge a indiqué qu’il avait reconnu « les faits » reprochés lors de l’enquête.


L’enjeu de ce procès, prévu pour durer tout l’automne, va donc être d’établir si oui ou non cet ancien acteur porno a agi avec « l’état d’esprit requis » pour être considéré comme maître de ses actes, a expliqué le juge Guy Cournoyer aux 12 jurés.

Le magistrat a indiqué en préalable aux plaidoiries que l’accusé de 32 ans avait « reconnu les faits » lors de l’investigation menée en vue du procès de cette affaire criminelle retentissante, l’une des plus sordides de l’histoire du Canada.

L’accusé est confiné dans une cellule vitrée, au sein d’une petite salle d’audience étriquée ne pouvant accueillir que 13 spectateurs, cinq personnes du public, cinq journalistes et trois membres de la famille de Lin Jun, l’étudiant chinois assassiné.

M. Magnotta a plaidé, d’une faible voix aiguë, « non-coupable » à chacun des cinq chefs d’accusations qui pèsent contre lui, pour lesquels il est passible de l’emprisonnement à vie.
Face à lui, l’accusation a expliqué son intention de démontrer que ce crime était « planifié et délibéré » et qu’il avait été préparé depuis au moins six mois, soit dès décembre 2011, a lancé le procureur de la Couronne (avocat de la partie civile), Louis Bouthillier.

Pour ce faire, Me Bouthillier compte faire venir à la barre un journaliste britannique du London Sun, qui avait rencontré Magnotta à la fin de l’année 2011 lorsqu’il enquêtait sur une vidéo diffusée sur internet montrant des chatons se faire dévorer par un serpent boa.

Le représentant de la Couronne a également demandé au juge Cournoyer de ne pas encourager les jurés à envisager la relaxe pour « troubles mentaux », une requête qualifiée de « surprenante » par le magistrat.

La partie civile s’est rendue jusqu’en Europe lors d’une commission rogatoire tenue au printemps dernier, afin d’entendre des témoins de la fuite rocambolesque de Luka Rocco Magnotta en France et en Allemagne.

Outrage à cadavre


Présidé par le juge Guy Cournoyer, son procès est prévu pour durer de six à huit semaines. Il se déroule surtout en anglais et devant un jury de 12 personnes, six hommes et six femmes, soigneusement choisis parmi plusieurs centaines de candidats potentiels.

La famille de Lin Jun, le défunt étudiant et ex-compagnon de l’accusé, assiste aux audiences et devrait tenir une conférence de presse lundi après-midi, selon son avocat.

Agé de 32 ans, Luka Magnotta est accusé d’avoir tué chez lui avec un pic à glace son ancien petit ami Lin Jun. Il est également poursuivi pour outrage à cadavre pour l’avoir découpé, de diffusion de matériel obscène pour avoir posté une vidéo des faits sur internet, d’envoi par courrier de morceaux du cadavre, et de harcèlement vis-à-vis du Premier ministre canadien Stephen Harper et de députés.

L’affaire avait commencé en mai 2012, alors que le Québec était plongé dans une crise sociale majeure provoquée par une grève étudiante. Un torse décapité, celui de la victime, avait été retrouvé dans une valise jetée sur un tas d’ordures dans une ruelle de Montréal. L’enquête avait rapidement mené la police à un logement situé tout près, où habitait Magnotta.

Avant de prendre un vol pour Paris, le 26 mai, le suspect aurait envoyé les pieds et les mains de la victime par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu’à deux écoles de Vancouver. La tête de la victime n’avait été retrouvée qu’en juillet 2012 dans un parc de Montréal.

La cavale du tueur présumé l’avait ensuite conduit en Allemagne, où il avait été arrêté le 4 juin 2012 dans un cybercafé à Berlin, avant d’être rapidement extradé au Canada.





LE WERWOLF




 
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 Repéré par : Le Vieux Loup

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