Le bâlois Medgate offre des consultations médicales et délivre des certificats maladie à distance. Ce système fait débat et des médecins jugent nulle la valeur de ces documents
Plus de six mois après son introduction à l’essai par le
centre de télémédecine bâlois Medgate, le certificat médical d’arrêt de
travail (CMAT) délivré sur simple coup de fil n’a pas franchement
rassuré les employeurs. Ceux-ci craignent toujours le risque d’abus.
Cependant, avec plus d’un millier de CMAT établis sur la base d’une
consultation téléphonique, Medgate dresse un bilan «positif» de cette
phase d’essai. Elle a introduit la nouvelle prestation de manière
définitive au mois de juin.
Bref rappel des faits. A la
fin de l’année dernière, Medgate, premier centre suisse de télémédecine
avec plus de 4000 appels de patients par jour, annonce l’introduction
d’un CMAT sur simple entretien téléphonique avec un de ses praticiens.
Les milieux patronaux, mais également les médecins du travail,
réagissent en émettant certains doutes sur la valeur et la crédibilité
d’une attestation établie de cette façon. Pour faire taire les
critiques, Medgate s’impose des garde-fous. La société bâloise décide de
ne traiter que les cas «simples». Aucun certificat pour les patients
qui viennent d’être licenciés, donc. Pas question non plus d’entrer en
matière en cas d’incapacité de travail partielle, puisqu’il conviendrait
alors de discuter avec le patient et son employeur des possibilités de
changement d’affectation. Enfin, seuls deux certificats par année
peuvent être obtenus, pour une durée de un à trois jours chacun
(éventuellement cinq, sur demande de prolongation).
Interrogé par Le Temps,
le porte-parole de Medgate, Cédric Berset, se dit «satisfait» des
résultats de la phase d’essai. Une cinquantaine de CMAT ont été établis
par semaine et, dans 95% des cas, ces documents ont été acceptés sans
difficulté par l’employeur. Cédric Berset ne donne pas de chiffres plus
précis sur le volume de certificats délivrés, ni d’indication sur les
économies réalisées. L’aspect financier était pourtant l’un des
principaux arguments avancés pour lancer cette prestation. Selon le
Groupe Mutuel, les indemnités versées aux employés empêchés de
travailler se montent à plus de 10 milliards de francs par année. Or, un
bon nombre des arrêts de travail pour cause de maladie sont ce qu’on
appelle dans le jargon des assureurs des «cas bagatelle», pour lesquels
il n’est pas médicalement nécessaire de consulter. Une étude réalisée en
Suisse en 2006 par le pédiatre bernois Ueli Bollag a confirmé que 63%
des CMAT sont établis pour une durée de quatre jours au maximum. Or une
consultation téléphonique avec Medgate ne coûterait que 63 francs, selon
Peter Wiedersheim, président de la Société de médecine du canton de
Saint-Gall.
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Repéré par : Le Vieux Loup


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