L'Assemblée nationale a adopté, ce jeudi, le projet de loi antiterroriste. Ce texte offre aux extrémistes et aux terroristes ce que les bombes et les prises d’otages n’ont pu obtenir : un recul franc et net de la démocratie et de ses valeurs.
Monsieur,
La loi dite antiterroriste que vous venez de faire
passer à l’Assemblée nationale est une défaite pour la démocratie et une
victoire pour le terrorisme. En amputant vos concitoyens de plusieurs
de leurs libertés fondamentales, vous offrez aux extrémistes et aux
terroristes ce que les bombes et les prises d’otages n’ont pu obtenir :
un recul franc et net de la démocratie et de ses valeurs.
Antidémocratique,
votre loi l’est sur le fond : avec l’interdiction de sortir du
territoire sur simple suspicion policière, vous créez un crime
d’intention. En facilitant le blocage des sites Internet sans contrôle
judiciaire, vous mettez en place le délit d’opinion. Enfin, votre
concept d’entreprise terroriste individuelle est une absurdité
totalitaire digne de la police de la pensée de George Orwell. Cela
revient à être une bande à soi tout seul. C’est de la pure Novlangue qui
sert à déformer le langage pour mieux faire reculer le droit commun.
Vous
nommez antiterroriste une loi aux multiples implications dont de
nombreux experts s’accordent à dire qu’elle sera inefficace ou
redondante avec les dispositions existantes. Votre loi contient
notamment des articles concernant le contrôle des mouvements
contestataires radicaux, permettant de se passer de l’autorisation d’un
juge pour déchiffrer des données ou permettre certaines perquisitions
informatiques ou encore à prolonger la durée de conservation des écoutes
administratives. Ce n’est pourtant pas l’absence de lois répressives
qui engendre le terrorisme ou l’action radicale. Avec ces mesures, on
sape la démocratie au motif de la défendre. On muselle le peuple plutôt
qu’on ne l’écoute
Sur la forme, également, la manière
dont vous avez présenté votre projet de loi en dit long sur votre
conception du débat démocratique. En choisissant la procédure d’urgence
la même semaine que le vote de confiance du nouveau gouvernement, vous
esquivez tout débat politique, toute contradiction publique. Aux
questions de faisabilité technique, de conformité au droit, vous opposez
un navrant «c’est une question de volonté politique» en guise de seul
argument. Pourquoi craindre le débat serein, constructif, argumenté et
posé que ces questions de sécurité méritent ?
Nous ne
pouvons que constater que la mandature socialiste prolonge et amplifie
la politique liberticide de la mandature UMP qu’il contestait dans
l’opposition… Et nous craignons que le Front national, s’il parvient aux
responsabilités, s’accommode parfaitement de la situation et en profite
pour finir de ruiner notre état de droit. Aussi nous en appelons aux
citoyens tant qu’il nous est encore loisible de contester les décisions
du gouvernement sans être traités comme des terroristes : élevons-nous
contre ces décisions, battons-nous pour nos droits. Et rappelons-nous
cette citation de Benjamin Franklin: «Un peuple prêt à sacrifier un
peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et
finit par perdre les deux.»
et
LE WERWOLF
Libération :: Lien
Repéré par : Le Vieux Loup


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