Lorsque le vendredi 12 septembre, François Hollande, escorté des bons élèves du gouvernement, Laurent Fabius ( Affaires Etrangères) et Jean Yves Le Drian (Défense
Nationale) , parcourt dans une mercedes blindée et sous escorte les
rues de Bagdad, le président français oublie, pour quelques instants,
ses graves ennuis hexagonaux. Mais cette posture guerrière contre l’Etat
islamique n’a guère de sens pour une France plombée par la crise
financière et ligotée par la complaisance de sa diplomatie envers le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui furent les principaux bailleurs de fonds des jihadistes.
Le vendredi 12 septembre à Bagdad, on
découvrait un François Hollande épanoui, au propos martial, qui
promettait à son homologue irakien d’être à ses côtés dans la guerre qui
s’annonce contre l’Emirat islamique. Pour autant, le président français
ne s’est engagé sur rien de précis. A l’exception de quinze tonnes
d’aide humanitaire qu’il a cru devoir apporter dans son propre avion
présidentiel, telle une dame d’œuvre visitant ses pauvres.
Mais lorsque ses interlocuteurs irakiens
ont abordé les dossiers sérieux, à savoir les frappes aériennes
contre l’Etat islamique, François Hollande n’avait plus rien à
promettre de précis. Attendons pour en débattre le lundi 15 septembre, a
répondu le président français, lors de la conférence à Paris des pays
participant à la coalition. La France seule ne dispose en effet que de
quelques Rafales, et encore à 3000 kilomètres de Bagdad, sur la base
qu’elle possède à Abou Dhabi. Et encore l’armée française n’a pas vraiment les moyens financiers de les utiliser.
Hollande obligé des Américains
Il faut au moins six ravitaillements en
vol pour la moindre frappe des Rafales sur l’Irak. Comment la France
peut-elle agir dans ces conditions alors qu’il n’y a déjà plus un euro
dans les caisses de l’armée française ? Dans l’héxagone, l’armée de
l’air n’a plus de quoi financer le carburant pour les exercices
traditionnnels des pilotes. Comment aurait-elle les moyens financiers de
nouvelles frappes en Irak? Heureusement, les Américains, dont François
Hollande devient l’obligé, sont là qui vont faire le boulot.
Sur le plan diplomatique, Hollande et
Fabius n’ont pas d’avantage les instruments de leur politique. Eux qui
ont constamment déroulé le tapis rouge face aux Qataris et aux
Saoudiens, dans l’espoir de quelques contrats pour l’industrie
française, n’ont guère les moyens de tenir un discours musclé face aux
représentants des monarchies du Golfe. En servant une politique
insensée, les pétrodollars qui ont financé les jihadistes de l’Etat
islamique. Et ce sont ces monarchies sunnites, près à tout pour
combattre l’ennemi chiite, qu’il faut ramener dans le droit chemin
en les associant, tant bien que mal, à cette guerre contre leurs anciens
protégés.
Laurent Fabius, à la solde du Qatar
Lorsque le chef de la diplomatie
américaine, John Kerry, se rend dans le Golfe la semaine dernière, il
s’emploie en effet à associer ses interlocuteurs qataris, émiratis et
saoudiens à l’opération militaire qui se prépare. Et il y parvient ; sur
ce terrain, Laurent Fabius, qui s’est montré d’une indulgence coupable
pour les Rois fainéants du Golfe et leurs alliés en Libye et en Tunisie, n’a évidemment pas la même force de persuasion que l’oncle Sam.
Alors pourquoi ce voyage aussi inutile
qu’arrogant à Bagdad ? La guerre est-elle l’ultime consolation que
François Hollande a trouvé dans son malheur de président mal aimé par
ses ex femmes et surtout par les Français ? Il faut se souvenir de
l’échappée belle du chef de l’Etat français à Tombouctou au début de
l’opération Serval sous les vivats d’une foule africaine bigarrée et
chaleureuse. Dans une émouvante envolée lyrique, « Papa Hollande »,
comme le désignaient les pancartes brandies par les maliens, avait
prononcé ces paroles définitives : « Je viens de vivre la journée la
plus importante de ma vie politique ».
Ah dieu que la guerre est jolie !
Diable ! Un chef d’Etat qui passe pour
casanier se transforme soudain en chef de guerre flamboyant, entouré,
cornaqué, instrumentalisé par des militaires français devenus les
maitres du jeu. « Les militaires français ont fait aimer la France dans
toute l’Afrique », ose Hollande. « Nous avons sauvé le Mali », explique
Fabius.
Pourquoi bouder son plaisir ? L’opinion
publique française avait soutenu et soutient encore cette intervention,
et ne se soucie guère de la situation calamiteuse, deux ans après, dans
le Nord du Mali gangrené par la violence jihadiste, l’insécurité
grandissante, les trafics et les luttes tribales. Après l’opération
Serval, le bon petit soldat Hollande intervient en Centrafrique,
cherche, sans succès, à déclarer la guerre au président syrien Assad,
soutient les Américains à Bagdad et préconise une intervention dans le
sud libyen, comme le plaidera le fidèle Le Drian, le 28 septembre, face à
l’Assemblée générale de l’ONU.
LE WERWOLF
Réseau International :: Lien
Repéré par : Le Vieux Loup


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire